Liquide de frein

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Les liquides de frein sont classés en différentes catégories, spécifiées par le Department of Transportation américain, d'où le sigle DOT utilisé. Ce sont presque exclusivement aujourd'hui des liquides synthétiques, qui peuvent être à base de polyglycols, de silicones, d'esters boriques ou d'esters siliciques.
Les liquides de frein contiennent un solvant diluant, qui a pour principale fonction de maintenir les différents composants en une seule phase liquide, ainsi qu'un solvant de couplage (généralement des alkylène glycols) qui réduisent l'agressivité du liquide vis-à-vis des élastomères. La formulation intègre également des inhibiteurs de corrosion et d'oxydation.

 

Le tableau ci-dessous permet de récapituler les propriétés essentielles des liquides de frein :

 

 

Catégorie

Base de la formulation

Point d'ébullition mini

Viscosité ciném. maxi
à -40° (en mm²/s) 

 

 

Sec

Humide

 

DOT 3

éthers de polyalkylènes glycols

205°

140°

1500

DOT 4

polyglycols

230°

155°

1800

"Super DOT4"

mélanges d'éthers de polyglycols et
d'esters boriques 

270°

185°

1350

DOT 5

silicones

>310°

>310°

250

DOT 5.1

esters boriques

265°

185°

850

?

esters siliciques

310°

260°

1350

 

 

- le point d'ébullition humide permet de mesurer le degré d'hygroscopicité des liquides à base de polyglycols, c'est-à-dire leur tendance à se charger d'eau et à risquer le phénomène de vapor lock.
- les liquides DOT 5 ne sont pas compatibles avec les DOT 3 et 4.
- la norme DOT 5.1 permet de respecter les spécifications DOT 4 tout en étant compatible avec les liquides DOT 3 et 4.
- les liquides "super DOT 4" ne sont pas normalisés, mais recommandés par les constructeurs pour certains véhicules haut de gamme
- les liquides à base d'esters siliciques ne font pas l'objet de norme, mais sont largement utilisés en compétition automobile.
- les silicones n'ont pas de point d'ébullition 

 

LA NORME 5 (tout court, fluide de couleur mauve) est à éviter. Il s’agit d’un liquide de frein hydrofuge élaboré à partir de silicones et destiné primitivement à l’armée américaine (stockage véhicules militaires).

 

À noter que certains manufacturiers utilisent de manière erronée la norme DOT 5 pour désigner ce qui n’est que du 5.1. Rien de tel pour embrouiller les esprits

l’huile de frein est légèrement ambrée et se fonce avec le temps, ce qui peut être un facteur de “lecture” de l’état du liquide, pour les “oublieux”. Savoir cependant que quelques rares manufacturiers teintent leur huile de frein (Shell, par exemple), ce qui est utile lors de la purge, mais neutralise ensuite la petite indication fournie par le vieillissement du produit.

 

Le fluide de frein est hygrophobe, c’est-à-dire qu’il redoute l’humidité. Avec le temps, il se charge en eau, et son point d’ébullition diminue d’autant. Le danger ? : à la défaveur d’un usage intensif, le liquide se met à bouillir (vapor lock) et votre levier ou votre pédale de frein peut s’évanouir (et vous avec). Faisant abstraction de ce danger, la corrosion va s’installer dans votre circuit hydraulique, la lubrification n’y sera plus correctement assurée et cela vous coûtera du pognon pour la réfection. C’est plus convaincant ?
Ceci est valable pour un bidon stocké et entamé, le pouvoir du liquide de frein est d'absorber l'humidité même non utilisé, donc, si vous avez des bidons entamés depuis quelques mois, direction à la déchetterie.