En moto, l'essentiel est de rester sur ses deux roues ......
Ce petit topo s'adresse principalement aux titulaires d'un permis A récent, non
encore rompus à la conduite moto, et surtout à ses spécificités et à ses
dangers.
Principe de base, faites gaffe aux distances de sécurité. Pensez à les
multiplier par deux ou trois sur le mouillé, ça ne coûte pas cher et c'est
vraiment plus tranquillisant aussi bien pour vous que pour celui de devant.
Il est également essentiel de ne pas rouler dans l'axe longitudinal médian des
voitures qui vous précèdent, mais bien décalés,
dans l'axe des roues gauches. On vous l'a sûrement appris pendant le
permis, mais deux rappels valent mieux qu'un. Un tel placement est une bonne
assurance au cas où la voiture pile : un petit évitement et hop ...
Les distances de sécurité ne sont pas que longitudinales et vers l'avant :
faites gaffe à ce qui arrive derrière vous (ralentissement, feu ...), et fuyez
comme la peste les camionnettes, qui freinent beaucoup moins bien que vous ;
faites également attention sur les côtés : même si vous remontez les
files, faites en sorte de vous positionner au centre du
"couloir", et s'il y a des bandes blanches, mouillées de
surcroit, approchez-vous plutôt de la voiture qui a le moins de risques
de déboiter, ce qui se déduit de la configuration du trafic. Dès qu'une des
deux voies se dégage, installez-vous y sans hésiter (après avoir jeté un coup
d'œil dans les rétros pour vérifier qu'un autre motard n'a pas eu la même idée)
afin de vous éloigner de la voie encore occupée.
Faites hyper gaffe aux lignes blanches, continues ou non (ainsi, bien entendu,
que les passages piétons), particulièrement quand elles sont humides, et aussi les
bouches d'égout, les rainurages longitudinaux, les joints de dilatation
transversaux, les remontées/flaques de gasoil particulièrement fréquentes dans
les ronds-points (qu'il vaut mieux, if possible, prendre franchement à
l'intérieur), les feuilles mortes, les tuyaux d'arrosage, les gravillons, la
terre à la sortie d'un chantier.
Essayez de regarder loin devant vous. Si des feux stops s'allument quatre ou
cinq voitures devant, le ralentissement ne va pas tarder à se
"propager" jusqu'à vous. N'hésitez pas alors à déclencher à votre
tour votre stop pour avertir ceux qui suivent. Mieux vaut un ralentissement
inutile qu'un carton par manque de prudence et d'avertissement.
Bon, inutile de tomber dans l'excès inverse, on voit parfois des stops qui
s'allument sans arrêt, alors même qu'il n'y a personne devant ...
Ne doublez jamais si vous n'êtes pas sûr que votre proie ne va pas tenter une manœuvre
à la con. C'est évident s'il y a une route qui part à gauche (c'est pas parce
qu'il n'a pas mis son cligno que ...) mais ça l'est parfois moins, et pourtant
: une petite aire de stationnement de l'autre côté de la route, c'est l'idéal
pour aller faire vomir le gamin ; un sac plastique qui se ballade, c'est un
gros coup de volant qui vous attend (on sait jamais, ça pourrait rayer la
carrosserie ...) ; un nid de poule au bord de la chaussée, et vous risquez
d'être encore bons pour tâter l'aile gauche, parce qu'il est extrêmement rare
que dans ces conditions le conducteur ait le réflexe rétro au bon moment.
Si vous vous faufilez entre des files de voitures, la plus grande prudence est
de mise ; sans parler des déboîtements impromptus, qui sont très fréquents, il
faut faire gaffe aux trajectoires vaseuses des automobilistes qui sont en train
de téléphoner, ou de manger, ou de lire une carte/le journal/j'en passe et des
meilleures ; faire gaffe aux appels d'air dus aux camions qui ont parfois vite
fait de vous balancer sur la file d'à côté (surtout par fort vent latéral) ;
faire gaffe aux entrées (par exemple sur le périph') parce que c'est le moment
ou ceux de droite se poussent pour laisser le passage à ceux qui arrivent ;
faire gaffe aux sorties parce qu'il y a toujours deux ou trois tondus parmi
ceux de gauche pour se souvenir que, ben oui, ils habitent bien ici ; faire
gaffe aux ralentissements soudains qui constituent le moment préféré des
caisseux pour changer de file et ainsi gagner les trois précieuses places qui
leur permettront d'arriver à l'heure pour leur feuilleton favori. Faire gaffe
encore a l'humidité persistante de cette "voie du milieu" chère aux
motards, qui, puisque moins empruntée que les voies des quat'roues, sèche bien
moins vite ; et les bandes blanches humides, vous savez déjà ...
Faites attention à la qualité du revêtement. Outre les pièges que constituent
les rainurages longitudinaux dont on a déjà parlé, le type de bitume utilisé
est à prendre en considération. Si certains sont particulièrement casse-gueule
sur le mouillé, au moins préviennent-ils en prenant leur plus bel aspect
brillant satiné. Mais les revêtements les plus récents qui semblent tout
absorber sont également très piégeux, car ils inspirent un sentiment de
securité dont il faut se méfier. La route a parfois l'air quasiment sèche, mais
ne l'est pas, et glisse quand même ... Et compte tenu de la visibilité qui est
très nettement ameliorée (pas de projections), les zotres zuzagers roulent avec
les mêmes "non-distances" de securité que sur le sec ...
Pour ceux qui ont l'habitude d'emprunter la bande d’arrêt d’urgence : vous
n'êtes pas les seuls à pouvoir avoir cette idée. Et le type un peu pressé qui
va déboîter dessus parce que la prochaine sortie est en vue, ca m'étonnerait
qu'il regarde derrière lui avant de s'y engager. Même remarque si quelqu'un s'y
range à cause d'une panne ou d'un accouchement prématuré. Faites aussi bien
gaffe aux débris et objets divers qui s'y trouvent. On a vite fait d'y crever
(un pneu, hmm ...) sur ces cochonneries. J'y ai même vu des gens s'y promener
tranquillement, ou des objets aussi surprenants et encombrants qu'un pot d'échappement.!
Qu'y a-t-il à dire de plus que ce que l'on a déjà vu ? Des bricoles,
principalement :
- faites gaffe aux lacets trop longs, et autres surbottes encombrantes, qui ont
vite fait de se prendre soit dans le sélecteur soit dans la pédale de frein, ce
qui est généralement source de tracas immédiats et particulièrement
surprenants. Je parle en connaissance de cause ...
- ne portez pas d'écharpe trop longue flottant au vent, ou rentrez la sans
faute dans le blouson ; la mort par strangulation n'est sans doute pas celle
que vous souhaitez ...
- portez évidemment toujours la protection adéquate : gants impératifs,
pantalon (au moins jean, le cuir étant encore mieux ; évitez la flanelle ...)
de préférence au short à moins que vous n'aimiez la pizza, blouson cuir ou
cordura même s'il fait chaud, casque en bon état (jamais chuté et moins de 5
ans), chaussures montantes ...
- visière du casque propre, feux en état de marche (surtout l'arrière qu'il est
difficile de surveiller seul ...)
- si vous passez dans un tunnel par temps froid et humide, vous avez sans doute
remarqué que la buée apparaît quasi-instantanément sur vos rétros. Pensez que
c'est également valable pour les autres usagers. Il est donc préferable
d'éviter les dépassements ou "faufilages" dans ces conditions.
- s'il vous reste un peu de temps, pensez à regarder dans vos rétros ! Il y a
peut-être des motards qui vont plus vite que vous, ne les oubliez pas. Je ne
dis pas de se jeter dans le fossé pour les laisser passer, mais simplement de
ne pas bouchonner pendant 10 minutes sans jeter un coup d'oeil dans le rétro.
- si vous passez dans un tunnel non-éclairé alors que le soleil frappe fort à
l'extérieur, vous vous retrouverez sans aucune visibilité pendant un laps de
temps bien trop long. Une solution consiste à fermer un œil quelques secondes
avant d'entrer dans le tunnel, lequel œil n'aura alors pas besoin de temps d'adaptation.
Mais pour cela, une fois entré dans ledit tunnel, il faut l'ouvrir cet œil,
hmmm ...