C’est l’exposition au vent relatif (provoqué par la vitesse) qui, en plus de
mouiller quand il pleut, fait descendre la température de la surface des
vêtements et, au bout d’un moment, celle de notre corps.
Pour éviter d’être
exposé au vent, on peut monter des carénages plus ou moins complets, déflecteurs
ou autres bulles ou spoilers adaptables. Si l’effort s’avère limité pour une
bulle haute, les travaux de mise en place peuvent être importants pour d’autres
éléments de protection.
Discrètes, les poignées chauffantes (disponibles en option
sur de nombreux modèles de motos routières) remplacent les poignées d’origine ou
s’adaptent en se posant par-dessus. Les adaptables se présentent sous la forme
d’un kit composé d’une paire de poignée, d’une commande à fixer au guidon, de
fils électriques, de leurs connecteurs et d’un porte-fusible. Le raccordement
est généralement assez simple à réaliser, mais il faut veiller à placer
correctement le bouton de commande pour pouvoir l’actionner en roulant.
Elles
nécessitent parfois quelques vérifications préalables ou aménagements
électriques sur votre moto. De plus, elles ne chauffent que l’intérieur de la
main et n’évitent pas les engelures par grand froid.
Moins compliqués à mettre en oeuvre, les protège-mains (ou pare-mains) présentent l’avantage de réduire ou couper l’arrivée continuelle de l’air froid sur les gants. Les trails en sont souvent équipés d’origine, mais des modèles adaptables peuvent se monter sur la plupart des machines, les formes des commandes se ressemblant généralement. Il est par ailleurs possible d’augmenter leur efficacité par des déflecteurs supplémentaires.
Plus efficaces encore, les manchons permettent de préserver
les mains du froid (surtout s’ils sont combinés avec des poignées chauffantes)
et de la pluie. Disgracieux, ils sont toutefois appréciés des coursiers qui, en
ville, ont les doigts très souvent ouverts pour manœuvrer et n’aiment pas perdre
du temps à mettre et enlever de gros gants.
Choisissez un modèle dont la
taille est prévue pour vos commandes, notamment pour capuchonner le bocal de
liquide de frein (et d’embrayage quand il est présent). Le manchon doit être
suffisamment vaste et rigide pour qu’il ne vienne pas s’appuyer sur les leviers
en prenant de la vitesse sous la pression du vent. Appliquez-vous à les lacer
correctement pour qu’ils ne bougent pas et ne laissent pas d’entrée d’air.
Quelques rares modèles de motos GT proposent en option une selle chauffante, souvent couplée aux poignées chauffantes. La chaleur de la selle permet de réchauffer le sang avant qu’il ne descende dans les jambes, une solution surprenante d’efficacité, surtout avec un carénage intégral. Certains selliers et accessoiristes spécialisés la proposent en adaptable, mais c’est encore très cher.
Enfin pour les grands frileux, le tablier protecteur. Laid
mais efficace, un bon tablier est doté d’armatures flexibles pour le rigidifier
au niveau des jambes, avec des fibres tissées d’aluminium qui le protégeront
d’un éventuel contact avec le moteur.
En roulant, le tablier protège du froid
à partir de la ceinture, de la pluie mais aussi de toutes les saletés de la
route et permet de porter des pantalons classiques sans les abîmer, à condition
qu’il ne flotte pas et ne laisse pas remonter l’eau par en dessous. Son seul
défaut, outre son aspect inesthétique, réside dans sa prise au vent. Son
utilisation sera à réserver pour des déplacements à allure raisonnable.
Préparer sa moto à l’hiver
L’hiver impose non seulement une conduite adaptée, mais aussi des contraintes supplémentaires, autant pour rouler en sécurité que pour préserver notre destrier chéri de la corrosion.
- N’oubliez pas de maintenir graissés les organes mobiles. Le froid raidit les commandes, induisant une moindre précision et une possibilité de ruptures des câbles usagés (embrayage, accélérateur, compteur, frein sur les motos anciennes). Si possible, démontez les pièces avant de les lubrifier et faites-les jouer pour permettre à la graisse de pénétrer. Surveillez aussi les axes des leviers et pédales.
- Le froid fait aussi stagner l’humidité dans les cosses et connexions électriques du faisceau. Pulvérisez un produit anticorrosion (nettoyant de contacts) sur chacune.
- Graissez la chaîne plus fréquemment: celle-ci n’apprécie pas trop l’humidité et encore moins le sel d’épandage.
- De façon générale, le sel corrode très vite tous les éléments métalliques. Après chaque sortie, passez tout le bas de votre moto au jet d’arrosage avec de l’eau froide. Surtout pas d’eau chaude ! L’eau chaude dissout le sel et le fait pénétrer partout alors que l’eau froide le fait partir en gros cristaux.
- Pensez à l’état de vos pneus: profondeur de sculptures adaptée aux routes trempées (moins de 50% d’usure) et pression adéquate (sous-gonfler ne sert à rien). Attention particulièrement aux gommes hypersport qui restent dures comme du bois tant qu’elles n’ont pas atteint leur température idéale, quasi impossible à atteindre en hiver.
- Protégez vos chromes: eux non plus n’apprécient guère le sel d’épandage. Passez l’ensemble de la moto au produit protecteur “carrosserie et alliages”, sauf les freins et le pot d’échappement, évidemment !
- Attention aux freins justement, les étriers grippent facilement. Si possible, passez l’intérieur des étriers (côté pistons) au nettoyant de freins (dégraissant), à nettoyer ensuite à la souflette (demandez gentiment à un garage si vous n’avez pas de compresseur chez vous). Et évitez les plaquettes de freins “racing” hyper mordantes.
- La batterie: veillez à ce qu’elle réponde présent chaque matin. Remplacez-la
avant qu’il ne soit trop tard ou investissez dans un chargeur spécial moto à
charge lente. Jetez un oeil aux bornes et, si nécessaire, graissez-les. Une
batterie ne supporte bien le froid que si elle chargée et en ce en permanence,
il faut donc veiller à conserver un courant de charge optimal en brossant les
connexions et en les protégeant contre la corrosion (paraffine ou vaseline
solide).
- Les suspensions: réglées souple ! Un amortisseur réglé ferme réduit l’adhérence sur sol glissant. Le réglage du ressort (précontrainte) peut rester inchangé (valeur de base), mais l’hydraulique de l’amorto (détente) doit devenir plus souple.
- Un “check-up” complet auprès de votre concessionnaire habituel ne peut qu’être bénéfique.