Augmentez votre température interne par une activité
musculaire.
Bougez sur la moto, une jambe après l’autre, un
bras puis l’autre. Arrêtez-vous plus souvent pour vous réchauffer et bougez !
Faites des moulinets des poignets et des bras, même aux feux rouges.
Profitez de la source de chaleur principale de votre machine: son moteur. A
la pause, rapprochez-en vos mains nues pour les réchauffer (sans le toucher,
bien sûr). Vous vous arrêtez quelques minutes ? Mettez vos gants au plus près du
moteur, coincés sous le carénage.
Attention toutefois à ne pas les mettre avec les tubes
d’échappement, cela les ferait fondre.
Pour vous réchauffer, approchez les mains d’une source de chaleur (radiateur), mais ne les mettez pas en contact direct ! Le froid anesthésie: rien de pire que de plonger des mains ou des pieds glacés dans l’eau très chaude, vous ne feriez que les brûler. Mettez-les sous l’eau tiède et augmentez très progressivement la température.
A la fin d’un long trajet hivernal, on est parfois tenté d’accélérer ou de zapper la dernière pause pour arriver plus vite. Erreur fatale ! Les derniers kilomètres sont ceux où l’on est le plus fatigué, le moins attentif et donc les plus accidentogènes.
Avant de partir pour un long trajet, informez-vous sur les conditions météo, l’état des routes, les fermetures des cols de montagne. Voir sur le site de la DDE de votre département.
Augmentez les distances de sécurité avec les
véhicules vous précédant.
Non seulement le sol peut être glissant, ce qui
augmente la distance d’arrêt, mais en cas de neige ou de glace sur la route, des
paquets de neige sale s’accumulent dans les passages de roue des voitures et des
camions. D’un coup, ils se détachent et tombent juste devant vos pneus…
Autre phénomène, la pellicule de givre qui se forme sur les carrosseries ou les bâches des camions et peut se détacher sous l’effet de la vitesse ou d’un coup de vent. Vous envoyant ainsi des glaçons en pleine figure !
Se méfier également des véhicules de salage qui projettent du sel, du sable, de la neige sur les côtés et derrière eux. Ne les suivez pas de près et si vous en croisez un, ralentissez et serrez à droite, le plus loin possible.
A ce propos, ne croyez pas que suivre une saleuse vous permettra de rouler tranquillement. Non seulement, elle rendra votre moto complètement cradingue, mais le sel qu’elle dépose sur la chaussée ne fera fondre la neige ou le verglas qu’au bout de 20 minutes environ. Pire, le salage maintient une humidité constante sur le revêtement et crée même parfois une pellicule de crasse, mélange de neige fondue et de projections diverses, extrêmement glissante.
Equivalence froid/vitesse. Gardez à l’esprit que plus vite vous roulez, plus le vent relatif augmente et la température ressentie diminue. La correspondance entre la vitesse et le froid est établie par un indice de refroidissement éolien (IRE) qui vous permettra de calculer la température réelle en fonction de votre vitesse et de la température ambiante.
Ainsi, pour une température ambiante de 10 degrés Celsius à l’arrêt sans vent, la température ressentie sur la peau nue du motard au guidon d’une moto non carénée sera déjà de -2°C à 50 km/h et de -6°C à 130 km/h. De même, un 0°C à l’arrêt se transformera en -20°C à 90 km/h et -21 degrés à 130 km/h. Par -5 en ambiant, on arrive très vite à -25 à 50 à l’heure, -28 à 90 et -29 à 130… Quand vous démarrez par -10 degrés, il fera déjà -33°C à 50 km/h et -37°C à 130 km/h !
Par temps froid et sec, aucun problème particulier ne se
pose.
Simplement, n’oubliez pas que l’air ambiant étant plus froid, il faudra
plus de temps à votre moteur pour parvenir à sa température de fonctionnement et
plus de temps aux pneus pour atteindre leur adhérence optimale.
Par temps de pluie, rien d’autre à faire que de réduire la
vitesse et d’appliquer les conseils de l’article “Conduire
sur route mouillée“.
Rappelez-vous aussi que le fait d’être mouillé
multiplie par cinq la vitesse de refroidissement de votre organisme. Pour rester
au chaud, soyez parfaitement étanche ! Sinon, arrêtez-vous le temps de
sécher.
Par temps de brouillard, la route est mouillée, les mêmes
conseils s’appliquent.
Il faudra par contre tenir compte d’une visibilité
encore plus réduite, pour vous comme pour les autres. Diminuez encore plus la
vitesse !
En cas de brouillasse à couper au couteau, vérifiez que votre feu de croisement est bien allumé (je sais, c’est bête à dire, mais si vous saviez ce qu’on voit des fois…), mettez les warnings si vous en avez, enclenchez bien sûr les feux anti-brouillard si votre moto en est équipée… Inutile de mettre le feu de route, le faisceau lumineux intense serait renvoyé par les gouttelettes d’eau en suspension dans l’air et vous y verriez encore moins bien, surtout de nuit. Si possible, enfilez un gilet ou une chasuble réfléchissante, mettez un brassard à diodes
Si vous portez des lunettes, ne commettez pas l’erreur de relever l’écran de votre casque. La condensation se formerait alors directement sur les verres de vos lunettes et vous deviendriez quasi aveugle. Entrouvrez légèrement l’écran s’il s’embue, mais ne l’ouvrez pas complètement. Essuyez fréquemment l’extérieur de l’écran avec un doigt de votre gant, si possible doté d’une raclette. Si vous prévoyez de rouler dans le brouillard, usez et abusez des produits anti-buée ou d’un double écran “pinlock”.
S’il pleut et qu’il gèle, il est probable que vous
rencontrerez du verglas. Et donc de perdre l’adhérence de vos
roues.
Faites particulièrement attention dans les endroits venteux (ponts,
gorges), les tunnels, les sous-bois où le soleil ne perce pas, les versants de
montagne au nord, etc.
Si c’est en ligne droite et que la plaque de verglas n’est pas trop longue, ne freinez surtout pas, regardez loin droit devant vous, ne vous crispez pas et vous avez une chance de raccrocher le bitume. Cela m’est arrivé une fois, j’avais pris la plaque de glace (deux-trois mètres de long) pour une flaque de sel, à 100 km/h sur une quatre-voies. Cela fait tout drôle, mais je suis encore là pour vous en parler.
Si c’est dans un virage, c’est fini, vous êtes par terre, pire que du gasoil. Et toute route finit par tourner… Franchement, ne tentez pas le diable. Le verglas est le seul aléa climatique qui me dissuade d’emblée de prendre la moto.
S’il neige, ça commence à devenir rock ‘n roll…
Dans la
mesure du possible, si vous arrivez à prévoir la chute de neige, évitez de
prendre la route en deux-roues. D’abord, ça glisse un peu quand même, et
surtout, la visibilité est très mauvaise. La neige vient se coller sur l’écran
du casque, on ne voit rapidement plus rien, il faut l’essuyer toutes les dix
secondes. Même conseils sur la visibilité que par temps de brouillard.
Rouler dans la neige fraîche et poudreuse n’est pas plus compliqué que sur une route détrempée. Essayez au maximum de suivre les traces des pneus des véhicules qui vous précèdent, tout en évitant les endroits où la neige est damée, compressée et bien souvent glacée.
Sur neige, on roule en deuxième à 10 km/h, les deux pieds sortis pour rattraper les petites glissades, sans freiner ni accélérer. Tout à l’embrayage ! Apprenez à repérer le point de patinage de l’embrayage et allez-y tout doux sur les gaz.
Cela dit, ne rêvons pas, rouler sur une couche de neige de plus de 2 ou 3 cm revient à jouer à la roulette russe avec cinq balles dans le barillet. A moins d’avoir des pneus “neige” (entourés de ficelle ou de corde, revêtus de toile spéciale ou chauffés à l’aérosol adhérent), c’est la glissade assurée. Les pneus tout-terrain ou mixtes adhèrent mieux que les pneus routiers, mais cela ne fera que retarder l’échéance.